Les consultants, seconds couteaux de l’IA ?
Selon une enquête du Wall Street Journal, les cabinets de conseil ne se montrent pas toujours à la hauteur de leurs promesses en matière d’IA.
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Les cabinets de conseil auraient engrangé 3,75 milliards d’euros globalement en 2024 sur des missions en lien avec l’IA générative, soit une croissance de 180 % par rapport à 2023, selon des estimations de Gartner citées par le quotidien. Pourtant, plusieurs dirigeants de grandes entreprises américaines partagent dans le Wall Street Journal leur scepticisme quant à la capacité des consultants à leur faire gagner de l’argent avec l’IA.
Un nouveau couplet à la chanson familière du « consultant bashing »
Dave Williams, CIO de Merck, déclare ainsi que « nous aimons bien nos partenaires, mais souvent ils apprennent à nos frais ». Magesh Sarma, un autre CIO (AmeriSave Mortgage), raconte qu’au moment de mettre en place des vrais cas d’usage, les consultants n’ont pas plus d’idée que les experts internes sur ce qu’on peut faire avec l’IA générative. Son homologue chez Bristol-Myers Squibb estime quant à lui que s’il doit « embaucher un consultant » pour l’aider à « comprendre comment utiliser Gemini CLI ou Claude Code, on va s’apercevoir qu’un partner de l’un des Big Four n’a ni plus ni moins d’expérience qu’un gamin qui s’y est essayé à l’université ». La compagnie pharmaceutique américaine affirme avoir mis fin à un contrat avec un grand cabinet de conseil après un an d’accompagnement d’un projet GenAI (de la production de contenus à l’intention des médecins) pour continuer à développer le cas d’usage seule.
Le patron du réseau de consultants Freelance Catalant, Pat Petitti, va même jusqu’à asséner : « Vous n’imaginez pas le nombre de fois où j’ai entendu “Ils sont venus, ils ont facturé 20 M$ et tout ce que j’ai eu l’impression d’en retirer, c’est un très long rapport sur l’avenir de l’IA, sans aucune application concrète.” »
De leur côté, selon les auteurs, les leaders du conseil – parmi lesquels Bain et McKinsey – se plaindraient de ne pas avoir vu arriver l’afflux de contrats en rapport avec l’IA auquel ils s’attendaient.
Parmi les causes possibles, l’article évoque le retard des cabinets à recruter de vrais spécialistes de l’IA et la plus grande familiarité des clients avec le digital et la technologie par rapport au passé. De plus en plus, les clients se sentent à égalité avec les consultants en matière d’IA, tout en maîtrisant mieux leurs problématiques métier. Seul domaine où la supériorité du consultant demeure incontestée : le benchmarking.
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