Arabie saoudite : McKinsey aurait permis l'identification de trois opposants sur Twitter
Six mois après un vaste scandale en Afrique du Sud qui a vu McKinsey accusé de participer à un scandale de corruption de grande ampleur, voilà le cabinet à nouveau empêtré dans une affaire qui fait désordre.
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Dans une enquête du New York Times que le quotidien a fait paraître sur son site internet le samedi 20 octobre, le journal avance que McKinsey — très actif dans le pays ces dernières années où il s'est agrandi par croissance externe et par de nombreuses embauches dont certaines ont été taxées de népotisme — aurait contribué à l'incarcération d'opposants actifs sur Twitter.
Dans un document confidentiel de neuf pages, daté de 2015, établi par les consultants de McKinsey, et consulté par le New York Times, le cabinet s'est chargé d'identifier comment la société civile percevait les mesures d'austérité annoncées par les autorités saoudiennes, dans un contexte de baisse des prix du pétrole dont le royaume est tributaire.
Twitter y apparaît comme le média prédominant, loin devant d'autres supports, et le catalyseur d'une perception négative de ces mesures d'austérité. Précisément, toujours selon le New York Times qui cite le document rédigé par McKinsey, trois comptes Twitter sont identifiés comme les principaux relais de cette perception négative : celui de l'écrivain Khalid al-Alkami, celui de l'opposant saoudien domicilié au Canada, Omar Abdulaziz, et un dernier compte anonyme.
Or, après l'établissement de ce document, Omar Abdulaziz aurait été arrêté ainsi que deux de ses frères, et le compte anonyme fermé.
Dans une réaction à cette enquête, McKinsey a fait savoir qu'il s'agissait d'un document à usage interne et que le cabinet se disait horrifié à la possibilité même très indirecte qu'il a pu être utilisé à des fins d'arrestation d'opposants. Le cabinet a indiqué conduire une enquête urgente en interne pour déterminer avec qui et comment le document aurait pu être partagé.
Nous ne pouvons nous empêcher de faire le rapprochement avec les péripéties de Monitor en Libye qui avaient coûté très cher à la réputation du cabinet et avaient conduit à la vente à Deloitte. Peu de temps après sa nomination sur fond de scandale sud-africain, voici Kevin Sneader en première ligne face à une nouvelle crise d'image pour le cabinet de conseil.
Note : Consultor a changé le 23 octobre à 15h33 le titre de cet article, initialement publié le lundi 22 octobre.
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